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Sécheresse en Chartreuse : le Parc demande aux usagers du massif de respecter les bonnes pratiques 

Dimanche 24 juillet 2022 à 6:01 –  Par  Véronique Pueyo, France Bleu Isère Saint-Pierre-de-Chartreuse

Comme dans les autres massifs isérois, la Chartreuse souffre cet été de la sécheresse, en raison de la canicule. Le Parc naturel régional veille à ce que les bonnes pratiques y soient respectées, notamment du côté des randonneurs, pour que la ressource en eau soit préservée pour les alpagistes.

La Chartreuse souffre cet été de la sécheresse © Radio France – Véronique Pueyo

Cette semaine, la commune de Miribel-les-Echelles dans le massif de Chartreuse a été confrontée à un manque d’eau. L’un des deux réservoirs qui alimente une partie de habitants était à sec, il a fallu faire venir des camions citernes pour le recharger. Idem à la Ruchère, où le maire demande à ses administrés d’économiser l’eau. En fait, même si les précipitations sont stables sur le massif, le réchauffement climatique accentue l’évaporation et installe la sécheresse.

Une sécheresse annoncée

Déjà en mai dernier, les pêcheurs, véritables vigies du climat, avaient alerté le Parc national régional de Chartreuse de zones à sec dans la plaine du Guiers. « La Chartreuse est un massif karstique » rappelle Laure Belmont, responsable de la mission biodiversité, aménagement et paysage au sein du Parc. « C’est une roche qui ne retient pas l’eau, on est sur un gros gruyère en fait! Quand il pleut, l’eau disparait dans les entrailles de la terre et il y a peu de zones humides qui la retiennent sur le massif. Même s’il a beaucoup neigé cet hiver, on paie en ce moment le déficit d’eau que l’on avait déjà noté à l’automne et toute la neige qu’on a eu a fondu très vite en raison des fortes chaleurs précoces du printemps. »

Laure Belmont est responsable de mission biodiversité, aménagement et paysage au sein du Parc naturel régional de Chartreuse © Radio France – Véronique Pueyo

Apprendre les bons codes de la montagne

L’eau devient donc une ressource rare qu’il faut gérer au mieux, car cette eau doit servir aux bergers et à leurs troupeaux, à la biodiversité aussi, faune et flore. Or, depuis le Covid, un nouveau public fréquente la Chartreuse qui ne connait pas la montagne et ses usages. Le Parc multiplie donc les actions de médiation. « Souvent, ces personnes n’ont pas les codes. Exemple, pour se rafraichir, ils peuvent se tremper dans un bassin d’abreuvement pour les bêtes, au grand dam des alpagistes. Car ils polluent l’eau avec leur crème solaire, leur transpiration. C’est arrivé aussi qu’une vache mange un t-shirt oublié ! Cela nous est arrivé récemment, l’animal a failli s’étouffer. Nous avons dû intervenir d’urgence! » Et elle ajoute : « C’est aussi pour cela que l’on a fait des efforts ces deux dernières années pour mettre du monde sur le terrain, et sur la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse en particulier. Il y a deux gardes, un animateur et cinq accompagnateurs en montagne qui vont à la rencontre des randonneurs pour expliquer, sensibiliser aux bonnes pratiques! »

Respecter les rivières

Autre recommandation du Parc, prendre soin des rivières qui coulent déjà faiblement. Il s’agit de ne pas en modifier le cours : « On a tous eu envie un jour de s’y tremper les pieds et pour augmenter le niveau de l’eau de faire un barrage avec des pierres. » note Laure Belmont. « Mais cela est fortement déconseillé car néfaste pour les animaux qui vivent dans la rivière! Cela va déjà les empêcher de se déplacer. Et puis l’eau en stagnant va se réchauffer et une truite, par exemple, qui est bien à 17 degrés, si cela monte plus en température, cela peut la tuer! » 

Le Parc de Chartreuse conseille aussi aux randonneurs de prévoir de l’eau en quantité car de nombreux points d’eau sont actuellement taris en raison de la sécheresse. D’autres, indiqués sur les cartes IGN, n’existent plus.

Le Parc de Chartreuse propose des sorties avec un guide pour apprendre les bons usages. Le bivouac sous tente est interdit dans les Hauts de Chartreuse. il est bien sûr interdit de faire du feu.

Vue sur Chamechaude depuis la terrasse des locaux du Parc de Chartreuse © Radio France – Véronique Pueyo

Véronique Pueyo, France Bleu Isère